Mai : le mois de Marie

« C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’Il doit régner dans le monde. »
Saint Louis Marie Grignon de Montfort

En ce mois de mai, l’Église invite les Chrétiens à célébrer la très sainte Vierge Marie, en particulier à travers Notre-Dame de Fatima (13 mai) et la fête de la Visitation (31 mai). Tout au long de ce mois, la Mère du Sauveur sera célébrée dans notre pôle missionnaire en la chapelle Notre-Dame du Bocage (Le Reculey) :

  • Lundi 1er mai à 10h30 : messe d’ouverture du mois de Marie
  • Mercredi 3 mai à 19h00 : prière du chapelet pour les vocations
  • Mercredi 10 mai à 19h00 : prière du chapelet pour les familles
  • Mercredi 24 mai à 19h00 : prière du chapelet pour les malades
  • Mercredi 31 mai à 10h30 : messe de la Visitation et clôture du mois de Marie

Cantique à Marie :

« O mon espérance, Marie, mon doux amour, tu es ma vie, tu es ma paix.
Quand je t’appelle ou que je pense à toi, Marie,
j’éprouve tant de joie et de contentement que mon coeur en est ravi.
Si jamais une pensée chagrine vient me troubler l’esprit,
elle fuit lorsque j’ai prononcé ton nom divin.
Dans cette mer orageuse du monde, tu es l’heureuse
étoile qui peux conduire et sauver la nacelle où vogue mon âme.
Sous ton beau manteau, ô souveraine bien-aimée,
je veux vivre et même j’espère mourir un jour.
Car si l’ai le bonheur de sortir de ce monde, en t’aimant,
ô Marie, j’aurai gagné le ciel.
Resserre mes chaines et attache mon coeur : prisonnier d’amour, il te sera fidèle.
Ainsi mon coeur, Marie, ne m’appartient plus ;
il est à toi, prends-le, Marie, et donne-le à Dieu,
car je ne veux plus le garder. »
Saint Alphonse de Liguori

16 avril : Saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783)

Patron des mendiants, des pèlerins, des itinérants, des sans domicile fixe, des handicapés et des célibataires.

« Les pauvres ne sont pas seulement des personnes à qui nous pouvons donner quelque chose. Eux aussi ont beaucoup à nous offrir et à nous apprendre. Nous avons tant à apprendre de la sagesse des pauvres ! Pensez qu’un saint du XVIIIe siècle, Benoît Joseph Labre, qui dormait dans les rues de Rome et vivait des dons faits par les gens, était devenu le conseiller spirituel d’un grand nombre de personnes, parmi lesquelles même des nobles et des prélats. D’une certaine façon, les pauvres sont comme des maîtres pour nous. Ils nous montrent qu’une personne ne vaut pas tant par ce qu’elle possède ou par ce qu’elle a sur son compte en banque. Un pauvre, une personne privée de biens matériels, conserve toujours sa dignité. Les pauvres peuvent nous en apprendre beaucoup aussi sur l’humilité et la confiance en Dieu. Dans la parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14), Jésus présente ce dernier comme un modèle parce qu’il est humble et se reconnaît pécheur. De même la veuve qui jette deux petites pièces dans le trésor du temple est un exemple de la générosité de celui qui n’ayant pratiquement rien, donne tout (Lc 21,1-4). »
Pape François


Benoît-Joseph est l’aîné d’une famille de quinze enfants. Un oncle curé le recueille, mais ne parvient pas à en faire un prêtre. Il voudrait être moine, mais, refusé par les trappistes, rejeté par les chartreux, Benoît-Joseph se fait « vagabond de Dieu », errant de place en place, vivant de mendicité et faisant vœu de ne pas se laver. Il parcourt ainsi 30 000 kilomètres environ en sept ans. Les poux, qui recouvrent son corps, lui font un cilice vivant mortifiant sa chair perpétuellement. Il meurt en 1783 à l’âge de trente-cinq ans.

Prière de saint Benoît-Joseph : « Père éternel, par le Sang de Jésus Miséricorde : consolez-nous dans le besoin et les tribulations, comme vous avez consolé, Job, Anne et Tobie dans leurs afflictions ; et vous Marie, priez et apaisez Dieu pour nous, et obtenez-nous la grâce qu’humblement nous vous demandons. Amen. »

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Le Christ est vraiment ressuscité

                                          

Toute l’Église croit ce que Saint Augustin affirme avec clarté : «  Le Christ est la vie, et pourtant il est mis en croix. Le Christ  est la vie, et pourtant il est mort. Mais dans la mort du Christ la mort est morte, la mort a été absorbée dans le corps du Christ ».

Mais je devine ce que certains peuvent penser. Est-ce que c’est vrai tout cela ?

Nous n’avons qu’un tombeau ouvert. Si nous les chrétiens nous croyons à cette résurrection du Christ, c’est à cause des témoignages des disciples qui nous semblent dignes de foi. Les apôtres avaient partagé la vie de cet homme Jésus, pendant trois ans. Ils admiraient leur Maître qui était proche des malades, des infirmes, des petites gens. Jésus disait ouvertement qu’il venait de Dieu, qu’il était le Fils de Dieu. D’autre part, ce sont bien les disciples qui l’on vu souffrir et mourir sur une croix à Jérusalem. Ce sont encore eux qui diront trois jours plus tard : «  Dieu l’a ressuscité, il l’a relevé d’entre les morts ». Eh bien oui, nous croyons à la résurrection du Christ, parce que les disciples ont cru et que leur vie a été complètement transformée par cet évènement. Et l’un après l’autre, ils ont préféré mourir plutôt que de dire que l’évènement n’avait pas eu lieu. Alors, pour celui qui essaye d’être uni au Christ ressuscité, il y a au fond du coeur une immense espérance. Il sait que malgré les difficultés, les épreuves, le découragement n’aura pas le dernier mot. Depuis ce premier matin de la résurrection, un chemin est ouvert. Voilà notre Espérance.

En ce temps Pascal, que le Seigneur Jésus nous donne à tous l’envie d’aller porter la Bonne Nouvelle à tous ceux qui ne connaissent pas encore la beauté de l’Evangile. Bonne fête de la résurrection à tous !  

Père Philippe Cenier

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Comprendre et vivre le Triduum pascal

Il y a cinquante-deux semaines dans l’année. S’il en est une que l’on doit donner à Dieu, c’est la Semaine Sainte. La Semaine Sainte réalise la vie chrétienne, elle lui donne son sens véritable. Chaque office est un trésor auquel il est essentiel de participer pour se préparer au mieux au but de la vie de tout chrétien : Pâques. 

Ces offices sont les suivants dans notre paroisse :

  • La messe chrismale, mardi 15 avril à 19h, en la cathédrale de Bayeux. 
  • La Cène du Seigneur, jeudi 17 avril, à 18h30 au Bény-Bocage, à 18h à Landelles, à 19h à Vassy et à 19h à Vire (Notre-Dame). 
  • La Passion du Seigneur, vendredi 18 avril, à 18h30 à Saint-Martin-des-Besaces, à 18h à Landelles, à 18h30 à Vassy, à 20h à Neuville. On peut venir s’y préparer en participant à un chemin de croix à 15h (Malloué, Mesnil-Clinchamps, Vassy, Notre-Dame). 
  • La veillée pascale, à 21h à Vire (Notre-Dame). 
  • La messe du jour de Pâques, à Saint-Martin-des-Besaces à 10h30, à Saint-Sever à 10h30, à Estry à 10h30, à Vire (Notre-Dame) à 10h30. 

Quel est le sens de chacun de ces offices ? 

La messe chrismale

 « La Messe chrismale peut être considérée comme le prélude au Saint Triduum. Il s’agit, année après année, d’un moment de profonde communion ecclésiale, qui souligne le don du sacerdoce ministériel laissé par le Christ à son Eglise, la veille de sa mort sur la croix. »
Pape Benoît XVI.

Lors de la messe chrismale, l’évêque bénit les huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Cette huile servira tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre. Cette messe manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque, c’est pourquoi tous les fidèles du diocèse, d’Isigny à Orbec et de Vire à Honfleur, y sont conviés. Tous les prêtres du diocèse y sont présents et y renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

Une vidéo pour en savoir plus

Le Jeudi Saint : la Cène et l’Heure Sainte

Le Jeudi Saint est le début du Triduum pascal. Les Chrétiens y revivent l’institution de l’Eucharistie et les gestes de Jésus lors de son dernier repas :

« Au Cénacle, le Rédempteur voulut anticiper, dans le Sacrement du pain et du vin transformés en son Corps et son Sang, le sacrifice de sa vie : il anticipe sa mort, il donne librement sa vie, il offre le don définitif de soi à l’humanité. Lors du lavement des pieds, se répète le geste avec lequel, ayant aimé les siens, Il les aima jusqu’à la fin et laissa aux disciples comme leur signe distinctif cet acte d’humilité, l’amour jusqu’à la mort. »
Pape Benoît XVI

Après la Messe, la liturgie invite les fidèles à s’arrêter en adoration du Très Saint Sacrement, en revivant l’agonie de Jésus à Gethsémani :

« Ayant quitté le Cénacle, Il se retira pour prier, seul, devant le Père. Dans ce moment de communion profonde, les Evangiles rapportent que Jésus ressentit une profonde angoisse, une souffrance telle qu’il verse une sueur de sang. Et nous voyons que les disciples ont dormi, laissant le Seigneur seul. Aujourd’hui aussi, nous dormons souvent, nous qui sommes ses disciples. En cette nuit sainte de Gethsémani, nous voulons être vigilants, nous ne voulons pas laisser le Seigneur seul en cette heure. »
Pape Benoît XVI

Pour en savoir plus : qu’est-ce que le Jeudi Saint ?

Le Vendredi Saint : chemin de Croix et office de la Passion

« Avant, la croix signifiait le mépris, mais aujourd’hui elle est une chose vénérable, avant elle était symbole de condamnation, aujourd’hui elle est espérance de salut. Elle est devenue véritablement source de biens infinis ; elle nous a libérés de l’erreur, elle a dispersé nos ténèbres, elle nous a réconciliés avec Dieu, d’ennemis de Dieu elle nous a fait devenir sa famille, d’étrangers elle a fait de nous ses voisins : cette croix est la destruction de l’inimitié, la source de la paix, l’écrin de notre trésor. »
Saint Jean Chrysostome

Le Vendredi Saint, commémore les événements qui vont de la condamnation à mort à la crucifixion du Christ. Lors de l’office, le récit de la Passion est à nouveau lu, puis les fidèles offrent leurs prières au Père avant d’aller adorer la Croix et de communier aux saintes Espèces du jour précédent. Le Vendredi Saint appelle plus que jamais chaque fidèle à la prière et au jeûne, pour vivre le plus possible avec le Seigneur sa Passion. Pour cela, nous sommes invités à répéter le chemin de Croix de Jésus, pour marcher avec Lui, pour s’identifier à Lui dans ce profond mystère.

Pour en savoir plus : qu’est-ce que le Vendredi Saint ?

La Veillée pascale et le jour de Pâques

« Enfin, dans la Veillée pascale, le voile de tristesse qui enveloppe l’Eglise en raison de la mort et de la sépulture du Seigneur, sera finalement déchiré par le cri de la victoire : le Christ est ressuscité et il a vaincu pour toujours la mort ! Nous pourrons alors vraiment comprendre le mystère de la Croix, ‘comment Dieu crée des prodiges également dans ce qui est impossible – écrit un auteur antique – afin que l’on sache que lui seul peut faire ce qu’il veut. De sa mort provient notre vie, de ses plaies notre guérison, de sa chute notre résurrection, de sa descente notre remontée’. »
Pape Benoît XVI

Le Samedi Saint est le jour du silence, pour se préparer à la Veillée pascale. C’est aussi le jour privilégié pour prier la Vierge Marie, pour s’unir à celle qui attend la résurrection de son Fils. Dans la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques, les fidèles veillent et célèbrent, en allumant le feu et le cierge pascal et en se transmettant leur flamme, le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du Christ sur la mort.

Pour en savoir plus : qu’est-ce que la Vigile pascale ?

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Prière de neuvaine à saint-joseph

Salut, gardien du Rédempteur, époux de la Vierge Marie.
A toi, Dieu a confié son Fils ;
En toi, Marie a remis sa confiance ;
Avec toi, le Christ est devenu homme.
Ô bienheureux Joseph, montre-toi aussi un père pour nous,
Conduis-nous sur le chemin de la Vie,
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage et défends-nous de tout mal.
Amen.

Vire, terre de mission !

Samedi 13 février, le groupe des jeunes pros de la paroisse de Vire (la C.A.V.E) s’est proposé d’expérimenter un temps d’évangélisation de rue devant l’église Notre-Dame de Vire, en y associant un temps d’adoration du Saint-Sacrement. En lien avec le Père Benoît et le Père Philippe, sept de nos jeunes se sont lancés dans l’aventure. Pendant ce temps, le Père Benoît et quelques adorateurs habituels de la paroisse ont porté dans la prière nos nouveaux missionnaires. En retour sur cette expérience, le Père Benoît répond à quelques questions. 

Pourquoi évangéliser ? Est-ce un devoir pour chaque chrétien ? 

Clairement oui, depuis les apôtres à la suite du Christ lui-même, des chrétiens osent aller au-devant des hommes et des femmes pour leur proposer la foi au Dieu Trinitaire. Cette annonce se résume dans ce qu’on appelle le kérygme : annoncer « Jésus mort et ressuscité pour nous sauver ». 

Beaucoup – chrétiens ou non – peuvent être mal à l’aise avec cette façon d’évangéliser, notamment parce qu’ils l’associent à certains mouvements religieux à tendance sectaire. On peut parfois penser qu’il vaut mieux attendre la rencontre que la provoquer. Quel est votre sentiment ? L’Eglise a-t-elle une position officielle ? 

On peut attendre la rencontre, mais à condition d’avoir quelque chose à montrer, à témoigner de l’évangile par notre manière d’être. Mais il est aussi de tradition de la provoquer, d’ « aller vers » comme nous y invite le Pape François : « Aller aux périphéries existentielles de notre société » (discours du 9 mars 2013, cf. l’exhortation apostolique La joie de l’Evangile, §20, §30, §46). Il y a une multiple façon de le faire. Interpeller les gens directement dans la rue, toujours de manière respectueuse, bien sûr, ou bien faire carrément du porte-à-porte si c’est possible sont des façons de faire qui ne sont pas interdites. Les témoins de Jéhovah ne doivent pas avoir le monopole de ces pratiques, ni à domicile ni dans la rue ! 

Faut-il recevoir une formation pour participer ? 

Oui est non. La question est : quelle est notre formation ? La formation de base du chrétien évangélisateur c’est d’abord d’être relié à l’Eglise. C’est bien sûr au nom du Christ que nous faisons cette démarche, mais aussi au nom de l’Eglise à laquelle nous appartenons, Corps du Christ. Nous devons être envoyés par l’Eglise, ce qui permet aussi de nous identifier auprès des personnes comme étant bien de l’Eglise catholique romaine, de la paroisse où nous évangélisons. Cela rassure les personnes, surtout si c’est au nom du prêtre qui a célébré tel mariage, baptême ou enterrement dans la famille. Et cela nous prévient d’une forme de toute-puissance, de prétention à évangéliser seul. Ce n’est pas pour rien que Jésus envoie ses futurs apôtres évangéliser deux par deux. Pour ce qui est d’une formation approfondie, c’est celle de notre vie chrétienne ordinaire, si nous vivons des sacrements (Parole de Dieu, Eucharistie dominicale, sacrement du pardon, etc.), que nous appartenons à un groupe chrétien (mouvement ou service d’Eglise). Bref, que dans notre vie nous ayons conscience de l’appel que Jésus à partager ce que nous recevons de Lui. Dans ce sens le Pape François rappelle dans son exhortation apostolique La joie de l’Evangile qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une formation très poussée pour commencer à témoigner de notre foi. La foi grandit en se transmettant, sinon elle s’étiole, ce qui est bien le drame de nos communautés de chrétiens qui n’osent pas témoigner de leur foi à cause de peurs injustifiées.  

Extrait de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), §120 : « Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. […] Car s’il on a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui sauve, il n’est pas besoin de beaucoup de temps de préparation […] ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ […]. Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). […] Et nous, qu’attendons-nous ? »

Que retenez-vous de cette première expérience à Vire ? Y a-t-il eu des « résultats » ? 

Je retiens qu’il vaut bien la peine de faire confiance aux jeunes dans leur désir de témoigner de leur foi et de leur permettre de se sentir investis de cette mission par l’Eglise. Parmi les contacts qui ont été établis au cours de cette expérience, quelques personnes ont été touchées par cette proposition. Il s’est même trouvé qu’un couple a ressenti un appel particulier à se rapprocher davantage de Dieu à cette occasion, le jour même de leur demande en mariage… Personnellement, j’avais déjà permis à des jeunes de l’aumônerie de Falaise de vivre cette expérience de l’annonce, et moi-même il m’est arrivé une fois de faire du porte-à-porte avec une paroissienne à un immeuble de cette ville. Toutes ces tentatives se sont soldées par des succès mais au fond ce n’est pas ce qui compte réellement : l’important c’est d’essayer. C’est pourquoi j’ai grande confiance dans ce type d’initiative, dès lors qu’elle est vécue non pas à titre individuel, mais dans la communion de l’Eglise.  

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Carême 2023 : « Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux »

                                           Il nous est bon de nous rappeler une fois encore les origines et le sens du carême. Au commencement de l’Église cette période de 40 jours était réservée aux catéchumènes adultes qui allaient être baptisés dans la nuit de pâques. Mais, dès le IVe siècle, tous les baptisés vont être invités à s’associer aux catéchumènes dans une attitude de renouvellement de leur vie baptismale. Être baptisé, c’est vraiment être plongé dans la Victoire du Christ mort et ressuscité. Pendant des siècles on a peut-être trop oublié que le carême était d’abord un chemin vers Pâques et pas seulement un temps de pénitence durant lequel on insistait surtout sur des aspects moralisants.

Aujourd’hui, vivre les 40 jours du carême, c’est redécouvrir qu’au cœur de la foi chrétienne, il y a la mort et la résurrection de Jésus Fils de Dieu.

Souvenons-nous que le peuple hébreu a traversé à pied sec la Mer Rouge, mais avant d’entrer dans la terre promise, il a dû affronter le désert. Pendant quarante ans, le temps d’une génération. L’eau de la Mer Rouge au départ, et l’eau du Jourdain à l’arrivée en terre promise.

En ce qui nous concerne, l’eau du baptême est au départ de notre vie chrétienne et l’eau sera là également pour bénir notre corps au moment de la mort. Entre les deux, il y a une longue marche, c’est notre propre vie.

Alors, pendant ces 40 jours, nous sommes invités à nous poser cette question : de quoi avons-nous vraiment faim ? Autrement dit, que vivons-nous, qu’espérons-nous, que bâtissons-nous ?  Mais d’abord, nous dit l’apôtre Saint Paul : « Laissez-vous réconciliez avec Dieu ». Laissez-vous aimer par Dieu. Le mercredi des cendres nous invite ainsi à pratiquer l’aumône, la prière et le jeûne, c’est l’ensemble de notre vie humaine qui est ici récapitulée.

  • « L’aumône » en d’autres termes, le partage, ce que nous faisons au plus petit d’entre nos frères.
  • « La prière », il faut entendre par là notre relation à Dieu. Prendre du temps pour lui dire notre joie de le connaître et de l’aimer.
  • « Le jeûne », c’est aussi notre relation à la nature, aux biens qu’elle procure, à la consommation qui est envisagée. Oui, il nous faut redécouvrir l’importance de la modération car nous gaspillons si facilement les ressources dans notre monde d’aujourd’hui. Mais nous savons qu’il existe d’autres formes de jeûne qui pourraient tout autant nous faire grandir pendant le carême : le jeûne de la langue par exemple, en choisissant de faire attention aux paroles qui peuvent blesser, qui font mal. Le jeûne des yeux qui peuvent porter un regard de mépris ou d’indifférence. Le jeûne des oreilles, en choisissant de se mettre à l’écoute des autres et du respect mutuel. Le jeûne de la main, en choisissant de la tendre largement au lieu de vouloir la refermer.

Ainsi, être habité par l’amour de Dieu, c’est possible dès aujourd’hui. Et ça change tout ! Notre regard, nos paroles, nos gestes. Comment allons-nous pendant cette marche vers Pâques, être signe de ce monde nouveau et réconcilié ?

                                                              Père Philippe CENIER

Avec les Mages, en cette nouvelle année de « transformation pastorale »

Les Mages scrutaient chaque nuit le ciel et suivaient une étoile nouvelle qui indiquait que quelque chose d’extraordinaire se passait dans ce monde. L’inattendu, c’est qu’à partir de ce signe lumineux, les Mages vont accueillir à travers cet Enfant-Jésus déposé dans une mangeoire, la naissance d’un nouveau Roi. En somme, les Mages cherchaient quelque chose et trouvent quelqu’un à qui ils vont offrir leurs prières et leurs cadeaux.

Même si je me demande que peut bien faire un bébé avec des cadeaux tels que l’or, l’encens, et la myrrhe, l’important, encore une fois, est que nous nous levions pour suivre l’étoile, que nous placions à travers la présence lumineuse sur nos chemins toute notre confiance et espérance : Jésus, véritable lumière intérieure en nos vies. Pour y parvenir, comme les Mages, sans détour, nous avons à quitter nos habitudes, certaines de nos croyances, à nous quitter nous-mêmes. Avec d’autres chercheurs et  témoins de Dieu, il convient aussi de nous courber et d’entrer dans l’étable en adoptant la même attitude du Seigneur qui s’est abaissé lui-même jusqu’à naître dans un lieu caché. En venant nous rejoindre, Jésus a manifesté l’amour infini de Dieu pour toutes personnes, et de toutes nations. Il a inscrit le « oui » de Dieu au plus profond de la condition humaine. Son amour nous accueille tels que nous sommes avec nos zones de bonté et d’obscurité. 

Dans cette étable éclairée d’une étoile, arrêtons-nous avec les Mages : quand nous regardons vers la lumière du Christ, elle nous devient peu à peu intérieure et le mystère du Christ devient aussi le mystère de notre vie. Suivre Christ n’est pas facile dans ce monde où l’efficacité immédiate, la rentabilité, la performance comptent tellement. A l’instar des Mages, il se trouve un long et patient chemin à vivre pour arriver à nous tenir simplement en présence de Dieu. Et à travers de longs silences où apparemment rien ne se passe, Dieu est à l’œuvre en nous et autour de nous sans que nous le sachions réellement.

Durant cette nouvelle année 2023, n’oublions pas alors de regarder cet enfant pour comprendre qui est Dieu. Voyons son extrême humilité et sa dépendance à l’égard de ses parents et de son environnement. Voyons également que nos attentes, nos questions s’engagent à travers la simplicité et la pauvreté de de nos ressources humaines, en lien avec « le processus de transformation pastorale » en cours sur notre territoire du Bocage. Légitimement, nous pouvons nous poser alors la question : comment la lumière du Christ peut aujourd’hui devenir pour tous une voie authentique de Vérité et d’Amour ? En communion avec la pauvreté du Christ Jésus que les Mages découvrent à la crèche, nous ne pouvons plus désespérer ni du monde ni de nous-mêmes, ni de l’Eglise. Car Jésus est là dans la liturgie de sa Parole qu’une communauté chrétienne anime à tour de rôle dans une paroisse du Bocage. Il est là aussi dans ces temps de prière personnelle et communautaire qui nous introduisent vers une communion avec Dieu puis vers l’Eucharistie. Il est là dans les événements humbles de notre quotidien où Dieu se laisse approcher avec compassion.

Avec les Mages qui ont su se détourner de leurs propres préoccupations pour se laisser guider par l’étoile de Dieu, et avec les chrétiens d’aujourd’hui, il nous faudra bien entrer dans « une conversion pastorale » en vue de désensabler la source de vie et de lumière. En la redécouvrant comme un don de l’Evangile, offrons le meilleur de nous-mêmes à Dieu et aux autres afin que nos contemporains nous rejoignent dans cette belle et rayonnante proposition de la Foi !

Joyeuse et Sainte Année 2023 ! 

P. Claude HARDY