
Le 15 août est une des nombreuses fêtes où l’on célèbre la Mère de Jésus. Elle nous paraît pourtant être la plus importante de toutes : c’est vraiment la « Sainte-Marie ». Pourquoi cela ? Les dix autres grandes fêtes mariales (la Nativité et l’Immaculée Conception par exemple) ne sont-elles pas autant importantes ? Quelques raisons du grand « succès » du 15 août.
Si la fête de l’Assomption est si importante c’est avant tout car elle est la fête mariale par excellence. L’Assomption célèbre la Vierge Marie dans son élévation de la terre vers les cieux. Il y a là un mystère inépuisable qui résume toute la vie de Marie.
Que célèbre-t-on exactement lors de la fête de l’Assomption ? L’Assomption est donc l’élévation de la Vierge Marie au ciel, mais une élévation qui n’est pas tout à fait de de même nature que l’Ascension de Jésus. Assomption vient du verbe latin assumere qui signifie « prendre avec soi » (et non du verbe ascendere qui signifie « monter »). Marie est donc prise par Dieu pour être élevée au Ciel. Jésus, lui, lors de son Ascension est monté lui-même – par la force de l’Esprit et en communion de volonté avec le Père – au Ciel. Cette différence nous montre bien que Marie, pleine de grâce et bénie entre toutes les femmes, était et reste une femme et non une déesse ou demi-déesse. Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, mais Marie n’est « que » pleinement femme.
Il faut donc bien comprendre la nature de la vénération de Marie chez les catholiques : si nous aimons tant prier Marie ce n’est pas que nous pensions qu’elle partage la toute-puissance de Dieu, mais c’est parce que nous savons que le Seigneur l’a placée auprès de lui pour qu’elle soit au ciel notre mère, et y intercède pour nous. Et quelle grâce ! Jésus nous donne sa mère, qu’Il écoute plus que tout au monde ! Prier Marie, bien qu’elle soit toute femme, revient presque à prier Dieu directement. Ayons donc recours à elle comme un des plus grands cadeaux que nous a fait son Fils. L’Assomption rappelle que Dieu a choisi Marie comme voie privilégiée de sa grâce, les grands saints n’ont cessé de le dire et les miracles de Lourdes, Fatima, Pontmain, etc., le rappellent lumineusement.
L’Assomption résume donc tout le mystère de Marie : elle est la femme élue par Dieu avant le commencement du monde pour permettre l’Incarnation de Jésus et donc la Rédemption du monde. Pour cela, elle a été conçue sans péché et donc épargnée de la mort. Elle – non seulement son âme mais même son corps – a été élevée au Ciel, où nous avons donc une Reine, mais bien plus, une Mère qui veille tendrement sur nous. Mais Marie est toujours restée l’humble petite femme de Nazareth. Dans son Assomption, ce n’est pas elle qui agit mais le Seigneur. Marie consent et approuve comme lors de son « Oui » à l’Annonciation. Quel modèle de sainteté ! Imitons nous aussi cet abandon au Seigneur qui a marqué toute sa vie. C’est là que se trouve la sainteté immense de Marie : humblement, dans une confiance absolue, elle laisse la grâce de Dieu entrer dans sa vie et agir en elle. Elle est donc à la fois un modèle inaltérable de sainteté à imiter et une mère et protectrice dont chaque personne qui la prie peut constater l’efficacité.
Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné sa mère et tournons-nous vers Marie sans avoir peur d’oublier Jésus car le seul désir de Marie est que nous connaissions et aimions son Fils.
Aller plus loin : Comment la Vierge Marie peut-elle m’aider à connaître Jésus ?
Le 15 août, une fête particulièrement « française »

Notre-Dame de Paris – L’autel représentant la consécration de la France par Louis XIII à Marie, resté intact après l’incendie. © Photo de Christophe Petit Tesson / AFP
En France, certaines circonstances historiques ont aussi donné à cette fête de l’Assomption un relief particulier. Le 10 février 1638, le roi Louis XIII plaça sous la protection, le patronage, et même l’appartenance de la Vierge Marie le royaume de France. C’est ce qu’on appelle le « Vœu de Louis XIII » : le roi voue, c’est-à-dire consacre, la France à la Vierge. Par un acte législatif officiel, le roi fait entrer dans les lois du royaume ce lien entre Marie, la France et les Français.
Le vœu de Louis XIII
« Prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets […]. Et, afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représenté aux pieds et du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre »
Par la même ordonnance, le roi enjoignait l’archevêque de Paris que tous les ans, en la fête de l’Assomption, il fasse commémoration de cette déclaration. Cela est toujours fait de nos jours, tous les 15 août. De même partout dans le royaume, les évêques devaient :
« …admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour [le 15 août] sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés. Car tel est notre plaisir. »
Le vœu de Louis XIII fut suivi de succès militaires qui mirent le royaume à l’abri de l’invasion espagnole, et surtout le 5 septembre 1638, de la naissance de Louis-Dieudonné – plus tard Louis XIV – après 23 ans de mariage infécond entre le roi et son épouse.
Ainsi, le 15 août prit une envergure nouvelle, non seulement fête de l’Assomption de la Vierge, mais pourrait-on dire, de « Marie Protectrice de la France », jour de fête et d’action de grâces, jour de renouvellement de ce vœu de 1638, qui, de fait, nous concerne un peu tous, qu’on le veuille ou non. C’est ce qui explique certainement la vigueur avec laquelle résiste ce jour férié dans notre calendrier, avec même en beaucoup d’endroits des feux d’artifice, malgré une dévotion mariale passablement refroidie depuis plusieurs décennies. Il faut reconnaître que le 15 août, belle journée d’été, est souvent un prétexte pour enrichir – ou polluer – la vénération de Notre-Dame de l’Assomption de festivités modérément chrétiennes pour estivants variablement dévots. Qu’importe. Le 15 août est encore là, et reste peu ou prou associé à la Vierge Marie pour le plus grand nombre, c’est déjà ça ! Surtout c’est une voie possible d’évangélisation pour parler en ce jour de la personne de Marie, mère de Dieu.
Vous voulez être tenu au courant des prochaines publications sur notre site ? Saisissez ci-dessous votre adresse mail pour recevoir une notification dès le prochaine article :










