Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, 17, 1-7

 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »

La Transfiguration de Jésus sur la montagne est un épisode décisif de l’Evangile, réservé aux yeux de trois apôtres marqués à jamais par ce court moment : dans sa seconde épître, saint Pierre rappelle avoir été « témoin oculaire de sa Majesté » (2 P 1, 16). Parmi les miracles qu’accomplit Jésus, la Transfiguration est certainement celui qui caractérise le mieux la personne du Christ. C’est une « apparition pascale anticipée » (pape François) qui révèle la gloire du Dieu-Trinité dans la voix du Père, l’éclat du Fils et la nuée de l’Esprit. Le 6 août, l’Eglise tout entière tourne son regard vers le visage radieux du Fils de Dieu pour en être illuminée.

Transfiguration et Eucharistie

Sur le mont Thabor, Jésus se transfigure pendant qu’il prie. Ses vêtements deviennent blancs comme la neige, sa face resplendit comme le soleil : on n’en peut soutenir l’éclat. Jésus se transfigure dans la gloire, afin de montrer que son corps si faible est cependant le corps d’un Dieu. Cette Transfiguration se fait donc du dedans au dehors : Jésus-Christ laisse sortir un rayon de la gloire qu’il retenait par un miracle perpétuel. Mais Jésus n’est pas venu pour nous donner des leçons de gloire. Aussi la vision du mont Thabor passe-t-elle promptement ; à peine dure-t-elle un instant.

Comparons la Transfiguration au Mont Thabor avec la Transfiguration sacramentelle, c’est-à-dire avec la Présence de Jésus dans la Sainte Hostie : ici, la Transfiguration se fait du dehors au dedans. Tandis que, sur le mont Thabor, Jésus avait déchire le voile qui couvrait sa divinité, ici, dans le Saint-Sacrement, il comprime même son humanité, il la transfigure en une apparence de pain, au point qu’il ne parait plus ni Dieu ni homme, et n’agit plus du tout extérieurement. II s’ensevelit, et les Espèces deviennent le tombeau de ses puissances. Son humanité si bonne, si belle, il la voile par humilité. Le voyez-vous dans cette Transfiguration d’amour et d’humilité ? Bien que caché derrière un nuage, nous savons que le soleil existe. Jésus est toujours Dieu et homme parfait, mais voilé derriere le nuage du pain et du vin. De même que tout fut glorieux dans le miracle du Mont Thabor, ici tout est aimable. On ne le voit plus, on ne le touche plus, mais il est là avec tous ses dons. L’amour, la grâce et la foi percent les voiles et savent reconnaitre ses traits. L’âme voit par la foi.

On voudrait bien voir Jésus dans l’Hostie avec les yeux du corps. Mais si les apôtres ne purent supporter l’éclat d’un seul rayon de sa gloire, qu’en serait-il aujourd’hui ? L’amour ne sait que se transfigurer en bonté, en s’humiliant, se rapetissant, s’anéantissant. Où y a-t-il plus d’amour, au Calvaire ou sur le Thabor ? Comparez, et dites-moi si c’est le Thabor ou le Calvaire qui a converti le monde. L’amour rejette la gloire, la cache et descend. Ainsi fit le Verbe en s’incarnant, ainsi fit-il au Calvaire, ainsi plus profondement encore en l’Eucharistie. Nous devrions, au lieu de nous plaindre, remercier Notre-Seigneur de ce qu’il ne renouvelle plus son Thabor. Les apôtres tremblants gisaient à terre, et toutes les paroles qui sortaient de la bouche de Dieu étaient capables de les consumer. Voyez comme saint Pierre divague, parlant de repas, de bonheur, pendant que Notre-Seigneur s’entretient de ses souffrances et de sa mort. Les apôtres osent à peine parler à Notre-Seigneur ! Mais ici, au Saint-Sacrement, on lui parle. On n’a pas peur, parce que nous pouvons appliquer notre coeur contre le sien et sentir son amour !

Saint Pierre Julien Eymard, Adorer en Esprit et en Vérité

L’Adoration eucharistique a lieu tous les vendredis dans notre paroisse : voir la page Adoration eucharistique et confessions.

Vous voulez être tenu au courant des prochaines publications sur notre site ? Saisissez ci-dessous votre adresse mail pour recevoir une notification dès le prochaine article :


En savoir plus sur Paroisse Sainte-Anne du Bocage Virois

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.