Le mois de juin est consacré spécialement au Sacré-Cœur. Il sera fêté vendredi 16 juin (messe à 11h30 à Notre-Dame). Focus avec le père Benoît Duchemin sur la place de cette dévotion dans la foi catholique.

Pourquoi adorer le Sacré Cœur ?

C’est une bonne question. Est-ce un culte ou une dévotion particulière ? Le culte est rendu à Dieu seul et donc pour les chrétiens à la Sainte Trinité. Mais ce culte unique emprunte bien des chemins différents que l’on appelle dans le langage contemporain des dévotions. On parle alors de dévotion au Sacré Cœur ou au cœur sacré de Jésus. L’Eglise fait sienne cette tradition biblique qui fait que le cœur n’est pas seulement un organe parmi d’autres. Le cœur est le centre de la personne, le siège de l’intelligence, de la volonté et de la mémoire. En St Luc, il nous est dit de la Vierge Marie « qu’elle garda tous ces événements dans son cœur » (Luc 2, versets 18 et 51) pour les méditer, les comprendre et s’en souvenir en vue de ses actions ultérieures. Adorer le cœur de Jésus, c’est l’adorer lui-même tout entier, en faisant sien son désir que tous les hommes soient sauvés. Jésus veut nous faire part de cette volonté. Dans ce sens c’est aussi l’image du disciple bien-aimé qui pose sa tête sur le cœur de Jésus comme pour en recevoir tous les trésors de connaissance et de grâce (cf. Jn 13, 23-25). Le cœur est en cela le symbole par excellence de l’Amour de Dieu.

Pourquoi en juin ?

Cette fête du Sacré-cœur intervient systématiquement le vendredi de la troisième semaine qui suit la Pentecôtes, après les solennités de la sainte Trinité et du Saint Sacrement. Cette solennité intervenant chaque année en juin, par extension on a fait du mois de juin le mois du Sacré-cœur (comme le mois de mai le mois de Marie et octobre le mois du rosaire…)

« Si l’imagerie de cette dévotion semble tardive, elle puise cependant dans la Bible ses fondements et en particulier dans l’Evangile selon saint Jean comme déjà évoqué. »

N’est-ce pas un culte tardif ? La Bible n’en dit rien n’est-ce pas ?

Si l’imagerie de cette dévotion semble tardive (à partir du 16e siècle), elle puise cependant dans la Bible ses fondements et en particulier dans l’Evangile selon saint Jean comme déjà évoqué. A la croix, Jésus donne le signe ultime de son identité et action de salut par le signe de son cœur transpercé par la lance du soldat. St Jean dit que de ce cœur sort de l’eau et du sang, et nous propose d’interpréter cela de manière mystique comme la grâce du salut répandue sur le monde. La tradition voit dans l’eau le signe du baptême, et dans le sang le signe de l’eucharistie. De l’amour du Christ qui jaillit de son cœur transpercé nait les sacrements qui sont dans l’Eglise l’actualisation de son amour donné sur la croix une bonne fois pour toutes, et révélé par la foi en sa résurrection. Mais il est à noter que dans ce signe, le cœur de Jésus n’est pas rendu visible, mais rendu présent par ce qui en sort (l’eau, le sang) C’est pourquoi dès le début dans la tradition judéo-chrétienne, on voit dans ce signe la preuve que Jésus est la victime sacrificielle parfaite (car entièrement vidée de son sang, on dirait aujourd’hui casher). Jésus par sa Passion n’a rien gardé pour lui-même, mais nous a donné toute sa vie symbolisée par son sang versé jusqu’à la dernière goutte. C’est le sens de la « kénose » en Philippiens 2, 6-7 : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti (s’est vidé de lui-même), prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes… »

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