Samedi 13 février, le groupe des jeunes pros de la paroisse de Vire (la C.A.V.E) s’est proposé d’expérimenter un temps d’évangélisation de rue devant l’église Notre-Dame de Vire, en y associant un temps d’adoration du Saint-Sacrement. En lien avec le Père Benoît et le Père Philippe, sept de nos jeunes se sont lancés dans l’aventure. Pendant ce temps, le Père Benoît et quelques adorateurs habituels de la paroisse ont porté dans la prière nos nouveaux missionnaires. En retour sur cette expérience, le Père Benoît répond à quelques questions. 

Pourquoi évangéliser ? Est-ce un devoir pour chaque chrétien ? 

Clairement oui, depuis les apôtres à la suite du Christ lui-même, des chrétiens osent aller au-devant des hommes et des femmes pour leur proposer la foi au Dieu Trinitaire. Cette annonce se résume dans ce qu’on appelle le kérygme : annoncer « Jésus mort et ressuscité pour nous sauver ». 

Beaucoup – chrétiens ou non – peuvent être mal à l’aise avec cette façon d’évangéliser, notamment parce qu’ils l’associent à certains mouvements religieux à tendance sectaire. On peut parfois penser qu’il vaut mieux attendre la rencontre que la provoquer. Quel est votre sentiment ? L’Eglise a-t-elle une position officielle ? 

On peut attendre la rencontre, mais à condition d’avoir quelque chose à montrer, à témoigner de l’évangile par notre manière d’être. Mais il est aussi de tradition de la provoquer, d’ « aller vers » comme nous y invite le Pape François : « Aller aux périphéries existentielles de notre société » (discours du 9 mars 2013, cf. l’exhortation apostolique La joie de l’Evangile, §20, §30, §46). Il y a une multiple façon de le faire. Interpeller les gens directement dans la rue, toujours de manière respectueuse, bien sûr, ou bien faire carrément du porte-à-porte si c’est possible sont des façons de faire qui ne sont pas interdites. Les témoins de Jéhovah ne doivent pas avoir le monopole de ces pratiques, ni à domicile ni dans la rue ! 

Faut-il recevoir une formation pour participer ? 

Oui est non. La question est : quelle est notre formation ? La formation de base du chrétien évangélisateur c’est d’abord d’être relié à l’Eglise. C’est bien sûr au nom du Christ que nous faisons cette démarche, mais aussi au nom de l’Eglise à laquelle nous appartenons, Corps du Christ. Nous devons être envoyés par l’Eglise, ce qui permet aussi de nous identifier auprès des personnes comme étant bien de l’Eglise catholique romaine, de la paroisse où nous évangélisons. Cela rassure les personnes, surtout si c’est au nom du prêtre qui a célébré tel mariage, baptême ou enterrement dans la famille. Et cela nous prévient d’une forme de toute-puissance, de prétention à évangéliser seul. Ce n’est pas pour rien que Jésus envoie ses futurs apôtres évangéliser deux par deux. Pour ce qui est d’une formation approfondie, c’est celle de notre vie chrétienne ordinaire, si nous vivons des sacrements (Parole de Dieu, Eucharistie dominicale, sacrement du pardon, etc.), que nous appartenons à un groupe chrétien (mouvement ou service d’Eglise). Bref, que dans notre vie nous ayons conscience de l’appel que Jésus à partager ce que nous recevons de Lui. Dans ce sens le Pape François rappelle dans son exhortation apostolique La joie de l’Evangile qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une formation très poussée pour commencer à témoigner de notre foi. La foi grandit en se transmettant, sinon elle s’étiole, ce qui est bien le drame de nos communautés de chrétiens qui n’osent pas témoigner de leur foi à cause de peurs injustifiées.  

Extrait de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), §120 : « Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. […] Car s’il on a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui sauve, il n’est pas besoin de beaucoup de temps de préparation […] ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ […]. Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). […] Et nous, qu’attendons-nous ? »

Que retenez-vous de cette première expérience à Vire ? Y a-t-il eu des « résultats » ? 

Je retiens qu’il vaut bien la peine de faire confiance aux jeunes dans leur désir de témoigner de leur foi et de leur permettre de se sentir investis de cette mission par l’Eglise. Parmi les contacts qui ont été établis au cours de cette expérience, quelques personnes ont été touchées par cette proposition. Il s’est même trouvé qu’un couple a ressenti un appel particulier à se rapprocher davantage de Dieu à cette occasion, le jour même de leur demande en mariage… Personnellement, j’avais déjà permis à des jeunes de l’aumônerie de Falaise de vivre cette expérience de l’annonce, et moi-même il m’est arrivé une fois de faire du porte-à-porte avec une paroissienne à un immeuble de cette ville. Toutes ces tentatives se sont soldées par des succès mais au fond ce n’est pas ce qui compte réellement : l’important c’est d’essayer. C’est pourquoi j’ai grande confiance dans ce type d’initiative, dès lors qu’elle est vécue non pas à titre individuel, mais dans la communion de l’Eglise.  

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Un commentaire sur « Vire, terre de mission ! »

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