Il nous est bon de nous rappeler une fois encore les origines et le sens du carême. Au commencement de l’Église cette période de 40 jours était réservée aux catéchumènes adultes qui allaient être baptisés dans la nuit de pâques. Mais, dès le IVe siècle, tous les baptisés vont être invités à s’associer aux catéchumènes dans une attitude de renouvellement de leur vie baptismale. Être baptisé, c’est vraiment être plongé dans la Victoire du Christ mort et ressuscité. Pendant des siècles on a peut-être trop oublié que le carême était d’abord un chemin vers Pâques et pas seulement un temps de pénitence durant lequel on insistait surtout sur des aspects moralisants.

Aujourd’hui, vivre les 40 jours du carême, c’est redécouvrir qu’au cœur de la foi chrétienne, il y a la mort et la résurrection de Jésus Fils de Dieu.

Souvenons-nous que le peuple hébreu a traversé à pied sec la Mer Rouge, mais avant d’entrer dans la terre promise, il a dû affronter le désert. Pendant quarante ans, le temps d’une génération. L’eau de la Mer Rouge au départ, et l’eau du Jourdain à l’arrivée en terre promise.

En ce qui nous concerne, l’eau du baptême est au départ de notre vie chrétienne et l’eau sera là également pour bénir notre corps au moment de la mort. Entre les deux, il y a une longue marche, c’est notre propre vie.

Alors, pendant ces 40 jours, nous sommes invités à nous poser cette question : de quoi avons-nous vraiment faim ? Autrement dit, que vivons-nous, qu’espérons-nous, que bâtissons-nous ?  Mais d’abord, nous dit l’apôtre Saint Paul : « Laissez-vous réconciliez avec Dieu ». Laissez-vous aimer par Dieu. Le mercredi des cendres nous invite ainsi à pratiquer l’aumône, la prière et le jeûne, c’est l’ensemble de notre vie humaine qui est ici récapitulée.

  • « L’aumône » en d’autres termes, le partage, ce que nous faisons au plus petit d’entre nos frères.
  • « La prière », il faut entendre par là notre relation à Dieu. Prendre du temps pour lui dire notre joie de le connaître et de l’aimer.
  • « Le jeûne », c’est aussi notre relation à la nature, aux biens qu’elle procure, à la consommation qui est envisagée. Oui, il nous faut redécouvrir l’importance de la modération car nous gaspillons si facilement les ressources dans notre monde d’aujourd’hui. Mais nous savons qu’il existe d’autres formes de jeûne qui pourraient tout autant nous faire grandir pendant le carême : le jeûne de la langue par exemple, en choisissant de faire attention aux paroles qui peuvent blesser, qui font mal. Le jeûne des yeux qui peuvent porter un regard de mépris ou d’indifférence. Le jeûne des oreilles, en choisissant de se mettre à l’écoute des autres et du respect mutuel. Le jeûne de la main, en choisissant de la tendre largement au lieu de vouloir la refermer.

Ainsi, être habité par l’amour de Dieu, c’est possible dès aujourd’hui. Et ça change tout ! Notre regard, nos paroles, nos gestes. Comment allons-nous pendant cette marche vers Pâques, être signe de ce monde nouveau et réconcilié ?

                                                              Père Philippe CENIER


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